Après les goûts musicaux perso. de PB, nous souhaitions vous partager cette œuvre scénique de Jean-Philippe Rameau, certainement la plus connue. Elle constitue également le sommet du genre de l’opéra-ballet, en un prologue et quatre entrées, sur un livret de Louis Fuzelier.

La Reine de l'Iode et le Prince Consort  nous ont offert pour Noël l'enregistrement effectué à l'Opéra National de Paris en 2004, dans une mise en scène un rien décalée (c'est un faible mot...), sous la direction musical de William Christies. Sur l'extrait du final qui suit, on le voit rejoindre la scène et participer à la chorégraphie en faisant le dindon. Un moment de pur délire qui montre bien l'ambiance qui a dû régner lors des répétitions et des représentations :

Les enfants trouvent cela tout bonnement génial et nous aussi. Un moment de bonheur à partager en famille.

Historique (source Wi*ki) : L’œuvre a été créée le 28 août 1735 ; c’est la deuxième composition de Rameau pour la scène, après la tragédie lyrique Hippolyte et Aricie. Elle ne comportait alors que trois entrées, la dernière n’ayant été ajoutée qu’un peu plus tard, lors d’une représentation le 10 mars 1736. Cette structure à géométrie variable est permise par l’esprit de l’opéra-ballet, ou l’on ne parle pas d’actes, mais d’entrées, pour bien marquer que les différentes parties n’ont entre elles qu’une analogie thématique, et ne constituent en rien une intrigue suivie.

Le genre avait été inventé par André Campra (l'Europe galante) et Rameau, malgré la pauvreté et les invraisemblances du livret, le porte à son apogée grâce à une musique admirable qui lui assura de très nombreuses représentations au cours du XVIIIe siècle. Alors que Campra racontait des histoires galantes dans différents pays européens, Rameau exploite la même veine à succès mais recherche un peu plus d’exotisme dans des Indes très approximatives qui se trouvent en fait en Turquie, en Perse, au Pérou ou chez les Indiens d’Amérique du Nord. L’intrigue ténue de ces petits drames sert surtout à introduire un « grand spectacle » ou les costumes somptueux, les décors, les machineries, et surtout la danse tiennent un rôle essentiel. Les Indes Galantes symbolisent l’époque insouciante, raffinée, vouée aux plaisirs et à la galanterie de Louis XV et de sa cour.

Cette œuvre majeure du répertoire lyrique français a été oubliée pendant plus d’un siècle et demi. C’est en 1925 que la 3e entrée (Les Incas du Pérou) a été reprise à l’Opéra-Comique et en 1957 que son intégralité a été remise en scène à l’opéra royal du château de Versailles en présence de la reine d’Angleterre, en visite officielle en France.